FRES

La section Bedous-Somport traverse une vallée étroite où se côtoient le gave, la route, les villages, les terres agricoles, les versants boisés et l’ancienne plateforme ferroviaire. Réutiliser une emprise existante limite certains travaux, mais ne supprime pas les impacts d’une reconstruction complète.

Viaduc et emprise ferroviaire à Escot

Les travaux prévus

Au sud de Bedous, la voie est inutilisable et ponctuellement interrompue. Les travaux annoncés comprennent la rénovation de la plateforme, la mise au gabarit des tunnels et ouvrages d’art, l’électrification, la signalisation et la création de haltes.

Des équipements annexes sont également nécessaires :

  • poteaux et lignes d’alimentation électrique ;
  • sous-stations raccordées au réseau électrique ;
  • antennes et plateformes de télécommunication ;
  • pistes d’accès pour l’entretien et les secours ;
  • réservoirs incendie ;
  • voies de croisement et aménagements de gares.

Leur emprise peut dépasser la seule largeur de la voie historique.

Sols, agriculture et boisements

Le dossier d’urbanisme de juin 2026 recense des aménagements potentiellement incompatibles avec le PLUi dans sept communes. Plusieurs parcelles sont classées en espaces boisés, zones agricoles ou zones naturelles. Le document indique que certains équipements peuvent occuper une part significative de petites parcelles, tout en estimant que l’activité agricole et le patrimoine naturel ne sont pas remis en cause à l’échelle communale.

Cette lecture globale doit être complétée par une analyse locale : surface exacte consommée, accès maintenus, fragmentation des parcelles, compensation et conséquences pour chaque exploitation.

Eau, milieux naturels et risques

L’étude d’impact devra notamment préciser :

  • les effets des travaux sur le gave d’Aspe et ses affluents ;
  • les habitats et espèces concernés ;
  • les incidences sur les sites Natura 2000 et les continuités écologiques ;
  • les volumes de matériaux excavés et transportés ;
  • les risques de pollution pendant le chantier et l’exploitation ;
  • l’adaptation aux crues, mouvements de terrain, incendies et autres aléas climatiques ;
  • les mesures d’évitement, de réduction et, en dernier recours, de compensation.

Les intempéries de septembre 2024 ont rappelé la vulnérabilité des infrastructures de la haute vallée. Le projet doit expliquer comment les ouvrages seront dimensionnés, surveillés et entretenus face à ces risques.

Paysage

L’électrification, les équipements de sécurité et les accès modifieraient la perception de la ligne. L’analyse paysagère doit montrer les installations depuis les villages, les routes, les chemins et les sites touristiques. Des photomontages localisés et techniquement fidèles sont nécessaires. Des images générées à titre militant ou promotionnel ne remplacent pas cette étude.

Position de Pyrénées Bien Commun

L’association demande que la comparaison porte sur l’ensemble du cycle de vie : chantier, exploitation, entretien, renouvellement des équipements et effets des trafics induits. Le bénéfice climatique attendu du report modal doit être comparé aux émissions et aux atteintes produites par les travaux.

Sources

Photographie : viaduc à Escot, fonds documentaire Pyrénées Bien Commun, 2026.